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Spiritualité au féminin – l’exemple de Dipa Ma

Chaque année le  8 mars est célébrée la journée internationale de la femme.

C’est l’occasion de vous parler d’une femme extraordinaire, Nani Bala Barua,  une sainte indienne plus connue sous le surnom affectueux de Dipa Ma (1911–1989). Le parcours de Dipa Ma est véritablement exemplaire et très inspirant.

Son histoire est celle d’une femme que rien ne prédisposait à devenir une figure spirituelle.

Née en 1911 dans un petit village de l’actuel Bangladesh, Dipa Ma dut abandonner l’école et fut mariée à l’âge de douze ans à un homme qu’elle ne connaissait pas, ainsi que le veut la tradition indienne. Deux semaines plus tard, son mari âgé de 25 ans partait en Birmanie pour travailler comme ingénieur, la laissant, malheureuse, avec sa belle-famille. Ce n’est qu’à l’age de seize ans que Nani est partie le rejoindre à Rangoon, et a peu à peu appris à le connaître, et même à l’aimer car c’était un homme bon.

Sa vie a consisté en une série de tragédies, la mort de plusieurs de ses enfants, celle de son mari, la pauvreté, puis enfin de graves problèmes de santé. A quarante-six ans, elle se retrouvait seule avec une fillette de sept ans, accablée de chagrin et de désespoir.

La seule chose alors qui la retint alors à la vie fut une intense aspiration à pratiquer la méditation. Il en allait de sa survie, et elle mit tant de ferveur et de concentration dans sa méditation que plus rien ne pouvait l’arrêter. Très rapidement, à une vitesse jamais vue, Dipa Ma atteignit les plus hauts niveaux d’éveil.

Sa transformation physique et mentale fut radicale.

Inspirées par son exemple, les femmes de son entourage commencèrent à suivre, avec leurs enfants, des retraites de méditation. En 1967, quand elle retourna en Inde à Calcutta, la nouvelle se répandit qu’un maître de méditation était arrivé de Rangoon et des femmes, des étudiants, et même des moines ont commencé à lui rendre visite pour la voir et pour bénéficier de ses enseignements.

Dans la vie, Dipa Ma était une maman dévouée. Elle incarnait dans ses actes la plus grande gentillesse, générosité et attention. Elle fut la première femme véritablement accomplie dans la tradition Theravada à enseigner aux Etats-Unis, et son exemple inspira de grands maîtres de méditation modernes occidentaux tels que, entre autre, Jack Kornfield, Joseph Goldstein ou Alice Miller.

Dipa Ma n’avait pas eu peur de remettre en question la doctrine Theravada traditionnelle qui prétend que seuls les hommes peuvent atteindre l’éveil.

Les femmes peuvent évoluer plus vite et aller plus profondément dans la pratique de Vipassana que ne peuvent les hommes, car nos esprits sont plus souples. La tendance des femmes à être plus émotionnelles ne constitue pas un obstacle à la pratique.

La souplesse de l’esprit, nous explique Dipa Ma, est ce qui apporte l’émotion, le mouvement. Il s’agit de quelque chose à observer en tant que témoin, et auquel il ne faut pas s’identifier.

Une femme ayant eu la chance de la rencontrer se souvient : « Ce qu’elle disait était choquant. Venant d’une culture où les femmes étaient clairement considérées comme inférieures, parler d’égalité ne passait pas inaperçu. Et lorsque Dipa Ma disait que les femmes avaient un avantage sur les hommes pour la pratique de la méditation, cela était véritablement révolutionnaire. » Dipa Ma n’a pas non plus hésité à remettre en question la norme culturelle indienne de l’époque en ce qui concernait les femmes.

Tout en restant fidèle à la tradition du bouddhisme Theravada à laquelle elle appartenait, Dipa Ma a su percevoir avec acuité que l’accomplissement spirituel des femmes pouvait être égal à celui des hommes, qui étaient (et sont toujours) prédominants dans la hiérarchie religieuse.

Ce qu’ils en disent

« Bien que Dipa Ma ne soit venue que deux fois en Occident, elle a profondément marqué le bouddhisme en Amérique ». Joseph Goldstein, auteur de « L’expérience de la clarté intérieure.

 

« Dipa Ma était la personne la plus aimante que j’aie jamais rencontrée. » — Sharon Salzberg, auteur de « Un coeur vaste comme le monde »

 

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